La rumeur
D’une telle arrogance
est la poison qui danse
sur son lit d’herbe brune
et au clair de la lune.
Elle qui n’a point d’amour
multiplie les amants,
pour jouer le grand jeu
elle se pare de tous feux.
Mais pourquoi cette hargne
à vouloir tout détruire ?
Quand on la croit ailleurs,
elle surgit de la brume
et d’un pas cadencé
marche sur un palant
qui lui sert à porter
son grand sac à venin.
La rumeur va bon train.
Elle soutire au passant
jusqu’au moindre bouton
qui lui servait naguère
à garder sa pudeur.
Tous ces petits rivets
et autres menus objets
vont rejoindre la fosse,
la grande fosse à purin.
