Pour Manon
le 18 novembre 2011
Manon est arrivée
petite fleur d'automne
au doux goût de miel.
Manon est arrivée
et tout s'est arrêté.
Petite fille de la pluie,
pour elle le soleil est sorti
les oiseaux ont chanté.
Mais soudain
Jolie Manon
le ciel s'assombrit
de gros nuages noirs
et de larmes amères
Ta vie d'enfant
déjà souillée
de douleur et de peur.
Tes parents dans la peine
ne savent plus quoi penser
tu leur est arrivé
comme un joli cadeau
et tu n'es désormais
qu'un petit corps souffrant
luttant pour sa survie
dans de jolis draps blancs.
Une charmante lune
Accoudée au balcon
D’un ciel un peu voilé
S’était égarée
dans de sombre pensées.
Pourquoi toujours montrer
A ses fans bipèdes
La face qui sourit,
Le bon côté en somme.
Alors qu’elle aspirait aussi
A vivre librement
Telle une étoile filante,
Respirant l’air du temps
Celui qui ne compte pas,
Que l’on garde en réserve
Juste pour son égo.
Elle se sentait si mal
De devoir sans relâche
Rendre compte à la terre
De ses moindres mouvements
Qu’elle décida un jour
De ne point se lever…
Ce fut la fin des temps.
Mais la lune s’ennuya très vite
Posant ses conditions, elle revint vers les hommes
Inventant des demis et même croissants de lune,
Jouant la belle, lune rousse, lune bleue,
Protectrice des amoureux …
Et reine de la nuit.
Alors tout alla bien dans le royaume des cieux
Et l’astre blond, de son sourire vaporeux
Veilla désormais sur les habitants de la terre.
Et si j'écrivais
à nouveau sur mes pages
les espoirs de demain
pour tous ces enfants
qui jouent à faire le monde
dans un grand bac à sable...
Un joli bateau rouge
qui flotte dans la flaque
de leurs grands rires joyeux,
leurs désirs comme étendard
et leurs pleurs
à fond de cale.
Je suis celle qui tonne
qui s’étonne et détonne
dans une belle envolée de flammes,
de notes étincelantes.
Je ne connais pas la musique
mais je connais les couleurs
du bonheur suranné,
du passé qui s’étiole
sur ma toile de folle
et j’attends en chantant
la suite du roman
car c’est sûr maintenant,
le bouleversement
n’est pas dans les étoiles
mais il est sur ma toile
qui raconte une histoire.
Sur ma toile tout de guingois,
petit triangle en organdi
se promène sur ses deux pattes
à la rencontre du grand cercle
qui souhaiterait bien sûr croquer
de ce charmant berlingot d'eau.
Sur ma toile tout de guingois,
petit triangle en pain de mie
regarde au loin, bien au-delà,
les grands immeubles mètres cubes
qui disparaissent dans la brume
et l'appellent, sons de sirène.
Petit triangle barbe à papa
aimerait faire le grand saut
mais pour aller vers leur lumière
il va falloir marcher dans l'eau
ses grands pieds rouges va mouiller
et sur le cercle peut-être glisser
puis les grands cubes bousculer.
CHARIVARI
est donc né
du croisement
entre un cercle, un cube
et un triangle à pattes rouges.
Pour entendre la vie
Par delà tes soupirs,
Il me faudrait un masque
Hermétiquement clos
Et avec toi plonger
Dans tous nos souvenirs,
Sans crainte de noyade,
De larmes malvenues.
Car vois-tu, mon amour,
Mon esprit reste clair,
J’aime ton existence,
Pas toujours ta présence
Quand de ma liberté
Il s’agit de conclure.
Et ne te fâche pas
Quand parfois je demande
De laisser la folie
S’installer dans ma vie,
Car vois-tu c’est ainsi
Que ma muse coquine
M’accompagne en boitant
Sur mes pages encore vierges.